Assises régionales du Grete
1ère étape :
Marseille 22 février
2nde étape :
Gap 19 avril
Assises Anrat 1995
GROUPE DE RECHERCHE ET D'EXPERIMENTATION THEATRE ENSEIGNEMENT
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Dimanche 18 mars 2018 - Théâtre de La Joliette: Fête du théâtre et de l'Education artistique - "Les 30 ans du Grete" - Inscrivez-vous avec vos élèves !
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Le GRETE (Groupe de Recherche et d’ExpérimentationThéâtre et Enseignement) dont le but est de promouvoir le théâtre dans la cité et donc dans l’éducation s’est intéressé aux pratiques théâtrales "du faire et du voir" toutes deux indissolublement liées et en partenariat avec la Culture.
Le GRETE organise chaque année, de 1987 à 1995, des Assises pour faire un état des lieux des pratiques théâtrales dans le secondaire surtout.,questionner le rôle que joue la représentation dans ces pratiques et impulser le partenariat avec les artistes sans oublier de questionner ce couple Education –Culture ni de trouver les conditions nécessaires à sa réussite (Voir les dossiers dans publications )

• "Recherche sur les pratiques théâtrales" en 1987, articles sur l’observation, la conduite
d’animation, la production, le rapport à l’école du spectateur (15 €).
• "Théâtre et éducation" : état des pratiques théâtrales. table Ronde janvier 1988 et Assises février 1989 (7 €).
• "Le Partenariat Education Nationale - Culture", Assises de février 1989, analyse le partenariat, la marche à suivre et les questions qui se posent en montrant l’importance de la négociation et la nécessité du conflit (15 €).
• "Ecriture Théâtrale", Table Ronde de janv. 1990, le point de vue d’André Bénedetto et un texte d'élève (4 €).
• "Les Jeunes et la Représentation", Assises mars 1991 (8,5 €).
• "La Formation de l'Acteur", actes des Assises 1992 (10 €).
• "Le Jeu de l'Acteur : Acteur /Metteur en scène", actes des journées mai 1993 (11 €).
• "Dire le vers", février 1994 (10 €).
• "Théâtre et Musique", juin 1994 (9 €).
• "Théâtre et Traduction", juin 95 (11 €).
• "L’ artiste et les pratiques thétrales" (9 €).


Le GRETE a aussi mis en place dans l’académie d’Aix-Marseille en 1987 et en 1995 (cf. Dossier Assises 97) un processus d’Assises Régionales pour préparer les Assises Nationales organisées par l’ANRAT (Association Nationale de recherche et d’action Théâtrale) et provoquer ainsi une vaste réflexion sur “Théâtre/Education” avec tous ceux (gens de théâtre et d’éducation, parents d’élèves, responsables des collectivités locales, élus…) dont la préoccupation pédagogique ou/et artistique est d’apporter à nos futurs citoyens une véritable formation capable de lutter contre les défaillances du «Symbolique» et de faire retrouver repères et sens de l'altérité dans une société en changement où la pratique artistique n’a pas encore sa place.

 

Depuis 1995 le GRETE préfère organiser des colloques à destination des enseignants,artistes,public sur la problématique du théâtre lui même.

VOCABULAIRE DU PARTENARIAT ET ETAT DES LIEUX
DANS L’ACADÉMIE D’AIX-MARSEILLE EN 1995:


A l’école primaire :
- Les classes culturelles offrent à une classe la possibilité de vivre une semaine dans un lieu théâtral, avec une compagnie ;
- Les ateliers de pratique artistique (APA) se déroulent pendant trois heures par semaine pendant un trimestre ou plus en partenariat avec une compagnie de théâtre.
Au collège et en lycée professionnel : ont lieu les APA (à raison de trois heures par semaine sur 1'année). Un partenariat avec une compagnie ou une structure culturelle.
A l’université : la présence du théâtre dans l’enseignement supérieur se résume, pour l’essentiel, aux enseignements proposés dans certains centres d’études théâtrales (Paris-III, VIII et X, Lyon, Aix-en-Provence, Bordeaux...).
Le plan local d’éducation artistique : regroupe, sur et hors temps scolaire, des collectivités territoriales, l’éducation nationale, la DRAC, la Jeunesse et les Sports, ainsi que des partenaires culturels et artistiques. Il coordonne et développe des activités pluridisciplinaires, artistiques et culturelles qui existent déjà, pour les proposer à un nombre important de Jeunes.
Le jumelage : c’est un accord entre une structure culturelle diffusant des spectacles et un réseau d’écoles, de collèges ou de lycées. Sa fonction est de développer la familiarité avec l’art, la découverte du spectacle vivant et d’harmoniser les actions existantes afin de toucher une majorité d’élèves.
Le contrat de site : concerne un département et nécessite la participation des collectivités territoriales en plus de l’Éducation Nationale, de la Culture et de la Jeunesse et des Sports intègre des actions pluridisciplinaires dans un processus de « parcours » global de rencontres avec l’art au cours de la scolarité.

* Liste des ETABLISSEMENTS en 1995 : académie Aix-Marseille et des PARTENAIRES
Ateliers au Collège :
Collège Massenet Marseille Cie Blaguebolle (Marseille)
Collège Henri Fabre Vitrolles OMC Centre Fontblanche(Vitrolles)
Collège des Prêcheurs Aix-en-Provence Cie Olinda Théâtre de le Fonderie (Aix)
LEP Camille Jullian Marseille Cie Blaguebolle (Marseille)
Collège Paul Gauthier Cavaillon Théâtre de la Brante (Lacoste)
Collège Les Garrigues Rognes Atelier du Possible (Rognes)
Collège du Lubéron Cadenet Théâtre de la Brante (Lacoste)
Collège Sylvain Menu Marseille La Réplique (Marseille)
Collège Jacques Monod Les Pennes Mirabeau Agnès Cartraud (Rognes)
Collège Marseilleveyre Marseille L’Equipage Cie Théâtrale (Marseille)
Collège André Malraux Fos sur Mer Centre Culturel Marcel Pagnol (Fos sur Mer)
Collège de Rousset Théâtre du Kronope (Avignon)
Collège Belle-de-Mai Marseille Théâtre Gyptis Cie Chatot-Vouyoucas (Marseille)
Collège Henri Boudon Bollène Théâtre du Rond Point de Valréas (Valréas)
Collège Louis Pasteur Istres Théâtre de la Mer (Marseille)
Collège Alphonse Daudet Carpentras Cie des Autres (Carpentras)
Lycée Professionnel La Floride Marseille Théâtre de Lenche (Marseille)
Lycée Professionnel Roumanille Avignon Arthéâtre (Avignon)
Collège Henri Wallon Martigues MJC (Martigues)
Collège Virebelle La Ciotat Cie Renaud Mouillac(Marseille)
ERA Castel-Bevons Sisteron Tout samba'll (Forcalquier)
Collège Darius Milhaud Marseille Théâtre Gyptis Cie Chatot-Vouyoucas (Marseille)
Lycée Professionnel Le Chatelier Marseille Théâtre du Lenche (Marseille)
Lycée Professionnel Victor Hugo Carpentras Atelier des Tréteaux du Perche (Avignon)
Collège des Gorguettes Cassis Théâtre de l’Arcane (Marseille)
Collège Les Caillols Marseille Cie Arsenic (Marseille)
Collège Charloun Rieu St Martin de Crau Théâtre du Maquis (Aix-en- Provence)
Collège La Grande Bastide Marseille Théâtre de la Minoterie (Marseille)
Collège Gérard Philippe Avignon Théâtre du Chêne Noir (Avignon)
Collège Edmond Rostand Marseille Carboni et Spirituosi (Marseille)
Au lycée :
- les options légères-facultatives: dans certains lycées, (trois heures par semaine)
ETABLISSEMENTS et PARTENAIRES
Lycée Antonin Artaud Marseille Théâtre Gyptis (Marseille)
Lycée Marseilleveyre Marseille Théâtre de la Criée (Marseille)
Lycée Michelet Marseille Cie Remue Ménage (Marseille)
Lycée Victor Hugo Marseille Théâtre de la Minoterie (Marseille)
Lycée Montgrand Marseille Théâtre de la Minoterie (Marseille)
Lycée Marie-Madeleine Fourcade Gardanne Théâtre du Merlan1 (Marseille)
Lycée Lumière La Ciotat Cie L’Insolite Traversée (Ollioules)
Lycée Frédéric Mistral Avignon CIRCA/CNES (Villeneuve lez Avignon)
Lycée d’Altitude Briançon Théâtre de la Passerelle (Gap)
Lycée J.H. Fabre Carpentras Cie des Autres (Carpentras)
Lycée René Char Centre Culturel (Cavaillon)
- l’enseignement de spécialité théâtre : option obligatoire (ex-Spécialité A3) dans les séries L, propose quatre heures hebdomadaires, toujours en collaboration avec une compagnie, dont le contenu est défini par un programme détaillé et évalué au baccalauréat. (coef 6)
ETABLISSEMENTS et PARTENAIRES
Lycée Antonin Artaud Marseille Théâtre Gyptis Cie Chatot-Vouyoucas (Marseille)
Lycée Marseilleveyre Marseille Théâtre de la Criée (Marseille)
Lycée Frédéric Mistral Avignon CIRCA/CNES (Villeneuve lez Avignon)
Lycée Paul Cézanne Aix en Provence Théâtre des Ateliers (Aix-en-Provence)
Lycée Jean Cocteau Miramas Théâtre des Salins (Miramas)

LE GRETE A PROPOSÉ DES ASSISES RÉGIONALES EN PLUSIEURS ÉTAPES AUTOUR DE PÔLES DIVERSIFIÉS :
MATERNELLE ET PRIMAIRE À MARSEILLE

Le mercredi 22 février 95, au théâtre Massalia 41, rue Jobin à Marseille.
Pour mener la réflexion sur Théâtre -Education nous choisissons comme première étape une grande ville : Marseille où plusieurs Théâtres et artistes peuvent intervenir dans l’école primaire.
Quelles expériences ont vu le jour ? Qu’apportent-t-elles ?
L’initiation artistique ne devrait-elle pas commencer dès la maternelle? et de quelle manière ?
Le théâtre n’est-il pas la pratique essentielle individuelle et collective à faire découvrir aux jeunes enfants ?
Qu’en est-il dans la réalité à l’école?
Comment les projets peuvent-ils naître, avec qui, pour quoi?
Les créateurs eux-mêmes peuvent-ils collaborer, engager cette initiation?
Le mercredi 22 février en compagnie d’enseignants, artistes, responsables de structures culturelles, nous avons fait le point sur ces questions, l’analyse des besoins, des freins, des possibilités afin de faire un état des lieux et des enjeux.
De 9h30-12h30 - .(échanges d’expérience, interventions, débats et interrogation sur la collaboration avec les artistes).

PROGRAMME DE LA JOURNÉE
9h30 -
I N T R O D U C T I O N
" Promouvoir le théâtre dans l'éducation" - Mireille Grange (GRETE)
" Jeune public partenaire artistique" - Phillippe Foulquié (Théâtre Massalia)
" Les pratiques culturelles à l'école Primaire et maternelle" - Graziella Végis (Théâtre Massalia)
" Que faire et que choisir ou le désarroi d'une institutrice dans l'environnement théâtral" - Jacqueline Dufrène (GRETE)
10h30 -
TABLE RONDE
Du Partenariat : "L'Enfant Acteur/Spectateur"
" Le rôle d'un programmateur" - Lise Marchal (Centre Culturel enfance et jeunesse)
" Un atelier de pratique artistique en primaire : projet Gulliver" - Danièle Cloatre (Ecole Vayssière) et Katie Deville (Théâtre de Cuisines)
" Un projet de classe culturelle en primaire" - Philippe Venck (Ecole St Louis Campagne l'Evêque) et artistes accueillis par Massalia et residents Friches
" Une ville, une structure culturelle, un créateur" - Brigitte Lallier- Maisonneuve (Théâtre Athénor Saint Nazaire).
11h30 -
D É B A T S
Le Théâtre l'Enfant et la Cité
• Faire un état des lieux
• Un projet théâtral peut-il être au centre de l'enseignement ?
• Développer les pratiques théâtrales en partenariat et la formation ?
15h -
SPECTACLE DOUCE AMER
Par la compagnie Athénor de Saint Nazaire et rencontre à l’issue de la représentation
16h -
RENCONTRE AVEC LES ARTISTES

COMPTE RENDU DE LA PREMIÈRE ETAPE DES ASSISES :
MARSEILLE 22 FÉVRIER 95 AU THÉÂTRE MASSALIA - « PROMOUVOIR LE THÉÂTRE DANS L’ÉDUCATION»


- MIREILLE GRANGE - Présidente du GRETE
INTRODUCTION
Cette rencontre organisée par le GRETE (Groupe de Recherche et d’Expérimentation Théâtre et Enseignement), à Massalia, théâtre préoccupé par le jeune public, est une étape régionale d’un large mouvement sur le théâtre et l’éducation organisé par l’ANRAT les 30 septembre et le 1er octobre 95 à Paris ;
Le GRETE a suscité l’étude de deux thèmes : “le primaire et la maternelle”au théâtre Massalia, à Marseille, et le second “une politique de site dans les Hautes Alpes” à la Passerelle, à Gap.
En 1988 le processus d’Assises de l’ANRAT avaient donnés lieu à des livres, propositions en trios actes et neuf tableaux ; quels seront les conclusions des réflexions de 1995 ?
Pourquoi Théâtre et Education en primaire et à la maternelle à Marseille ?
Quelles pratiques du voir, du faire ? Quels enjeux ? Quelles relations aux artistes ?
Les activités théâtrales dans le premier degré, quels projets d’éducation artistique, quelles pratiques, quelles spécificités ? quels objectifs particuliers peuvent être définis ? Comment faire ? Dans quels cadres ?
Quel développement peut être envisagé ? Quelle formation des maîtres ? Des intervenants ?
Quelles créations, quelles diffusions, quelles politiques ?
Quels rôles jouent les collectivités locales dans le cadre de la décentralisation ?

Notre journée s’organise en trois temps
- un temps d’information
- un temps de relations d’expériences sur des pratiques dites en partenariat
- un temps de débat


Nous avions invité des enseignants, des conseillers pédagogiques et des inspecteurs : Marie-Paule LAZENNEC, Annick COLOMBANI, Elyett CHATEAUMINOIS qui nous ont rejoint afin qu’ensemble, nous éclaircissions les obstacles Théâtre Education en primaire et maternelle, parce que nous pensons qu’il faudrait développer très tôt ces pratiques à l’école, voir du théâtre, faire du théâtre, éveiller l’enfant au jeu, à la sensibilité, au plaisir esthétique puis, plus tard, sa curiosité à la critique, enfin développer une démarche artistique. Le théâtre en tant que pratique collective et individuelle nous apparaît privilégié.
Bien sûr, me direz-vous : on ferait mieux de préparer l’enfant au multimédia.
Justement, osons dire à la jeunesse qu’il peut exister une culture active, difficile peut-être, mais combine nécessaire pour ne pas être asservie dans sa maison à son fauteuil ; sortons rencontrer l’autre, l’altérité. Le théâtre développe l’imaginaire, le symbolique, il permet l’appropriation du monde en définissant des repères.

- JEUNE PUBLIC PARTENAIRE ARTISTIQUE
PHILIPPE FOULQUIÉ - THÉÂTRE MASSALIA

Après avoir accueilli le public des Assises et rappelé tout l’intérêt que Massalia porte à la question du théâtre et l’école, Philippe Foulquié rappelle en quoi le jeune public est partenaire artistique pour
finir l’oeuvre.
Plus il est jeune, plus il peut s’inscrire comme partenaire artistique qui peut accompagner des recherches théâtrales. C’est un public disponible, apte à jouer, capable d’admettre des conventions nouvelles.
Le théâtre jeune public peut à cette condition être un public partenaire capable de retour et c’est à ce prix que ce théâtre de marionnettes et d’objets peut interpeller le théâtre en général.
Les voies de recherche des compagnies «jeune public» sont un atout considérable pour le comédien, le rôle de la musique, de la décoration, des objets dans cette dialectique de la scène.
La première des règles est que le jeune public doit être un partenaire à part entière.

LES PRATIQUES CULTURELLES À L’ECOLE PRIMAIRE ET EN MATERNELLE
GRAZIELLA VÉGIS - THÉÂTRE MASSALIA

Résultat d'une enquête réalisée en juin 1993 auprès des écoles primaires de Marseille, Allauch, Plan de Cuques et Septèmes les Vallons par le Théâtre Massalia.
Un questionnaire de 36 questions a été envoyé aux 540 écoles primaires et maternelles de Marseille, Allauch, Plan de Cuques et Septèmes les Vallons, en juin 1993 en collaboration avec le CRDP.
Les objectifs de cette enquête étaient alors de dresser un diagnostic des pratiques culturelles des é-coles, d'apprécier la notoriété de Massalia, théâtre de marionnettes et de connaître les attentes, si elles existent, des écoles, auprès de ce théâtre et de la Friche la Belle de Mai.
Nous nous en tiendrons aujourd'hui au premier objectif, à savoir le diagnostic des pratiques culturelles.
Nous avons envoyé un questionnaire par établissement, laissant le choix au directeur ou à la directrice de répondre ou de transmettre le questionnaire à l'enseignant le plus sensible à la question.
Sur les 540 écoles destinataires du questionnaire, 38 seulement ont répondu, soit 7%. La faiblesse de ce résultat pose une première question : les pratiques culturelles sont-elles une preoccupation des écoles primaires et maternelles?
Qui sont les écoles qui ont répondu?
Parmi les 38 écoles qui ont répondu, 18 sont des maternelles, 17 des primaires et 3 des maternelles et primaires.
50% (19) sont situées en zone d'éducation prioritaire.
Les sorties culturelles.
A la question "Faites vous des sorties culturelles avec votre classe?", toutes les écoles soit 100% ont répondu oui.
63% sortent une fois par trimestre, 21% une fois par mois et 16% une fois par an.
Quand elles sortent, les écoles vont pour 70% d'entre elles au Théâtre.
Le musée est la sortie qui vient en deuxième position (45%), suivie du cinéma (42%).
50% des écoles qui sortent décident de leurs sorties en début d'année, 37% en cours d'année, souvent selon les opportunités.
Pour 80% des enseignants, la sortie culturelle s'inscrit dans le cadre d'un travail scolaire et fait partie d'un projet d'action éducative (45%). Elle est néanmoins considérée à 37% comme un moment de détente pour la classe.
L'accueil des spectacles dans l'école.
La grande majorité des écoles accueille des spectacles dans l'école (95%). Pour 92% d'entre elles le coût de cet accueil s'élève à moins de 20F par enfant.
Les enseignants trouvent satisfaisante à 90%, la qualité artistique et pédagogique de ces spectacles.

Information
100% des écoles sont informées par courrier des spectacles et des activités culturelles. L'inspection académique est la deuxième source d'information (37%) suivie du téléphone (34%) et du bouche à oreille (34%), 42% seulement des écoles disposent d'un budget consacré à l'activité culturelle et ce budget est inférieur à 30F par enfant pour 56% d'entre elles.
Presque toutes font appel aux parents pour compléter ce budget (90%) à raison de 2 ou 3 fois par an au moins pour la plupart (67%).
Les moyens de transport les plus utilisés sont le bus et le métro (65%) et le car loué (50%), 15% seulement se déplacent à pied.
Le coût du transport s'élève à moins de 30F par enfant pour 85% d'entre elles.
Toutes font accompagner les enfants par les parents.
Pour ce qui concerne les relations avec les artistes, 99% des écoles souhaitent des rencontres avant et après les spectacles, et souhaitent également être aidées par un intervenant extérieur (artiste ou représentant des théâtres) en classe.
Enfin, 44% aimeraient développer un projet artistique sur l'année : 7 en théâtre, 1 en musique, 1 en danse, 2 en arts plastiques et 6 souhaitent développer des projets qui associent plusieurs disciplines artistiques.
Voilà donc, en quelques lignes, un constat qui, ne l'oublions pas, repose sur une très faible proportion d'écoles. En cela, nous ne pouvons pas le considérer comme étant représentatif de la réalité des pratiques culturelles des écoles. Néanmoins, tout en nous donnant des éclairages quantitatifs de certains aspects de la question, il nous a permis de connaître un certain nombre d'enseignants motives avec lesquels, depuis, nous sommes en relation et nous menons des actions diverses.

QUE FAIRE ET QUE CHOISIR OU LE DÉSARROI D’UNE INSTITUTRICE DANS L’ENVIRONNEMENT THÉÂTRAL
JACQUELINE DUFRÊNE

Cette intervention met en évidence l’importance de la publicité, des propositions faites par les companies qui s’adressent aux enfants, spectacles et animation. L’école, un marché à conquérir, le spectacle pour un prix modique (moins de 20f) comment donc choisir dans cette jungle publicitaire sans autre avis ? D’autres propositions, comme celles des mairies de secteur sont encore plus questionnantes de proposer par exemple de remplir le «Dôme» d’enfants, pour voir un spectacle et partager un goûter autour d’un spectacle de guignol quand on sait qu’il y a à Marseille un Théâtre spécialisé.
Par contre de bonnes expériences ont pu être réalisées en suivant les propositions de la MJC Corderie.
Comment faire un choix ? Inclure le théâtre, la pratique artistique au centre de son enseignement ?
Il faut se former. Voir soi-même beaucoup de spectacles. L’institutrice doit tout faire et tout connaître pour le faire partager aux enfants. Comment cela est-il possible ?

TABLE RONDE : DU PARTENARIAT “L’ENFANT ACTEUR/SPECTATEUR”
LISE MARCHAL DU CENTRE DE LA JEUNESSE À AIX EN PROVENCE
LE RÔLE D’UN PROGRAMMATEUR

Programmateur je n’aime pas ce terme, je préfère responsable culturel programmateur : accompagnateur des projets.
Etablir une programmation :
Se mettre du côté de la création artistique, devoir soutenir, faire connaître la création, l’accompagner dans ses prises de risque, suivre les compagnies.
Cet accompagnement va conditionner le rapport avec les publics :
- rencontrer le jeune public, en toucher le plus grand nombre
- établir une relation entre le jeune public et la création artistique, développer chez l’enfant spectateur
- acteur son sens critique.
Le public enfant n’est jamais seul, le programmateur va avoir à faire au public familial, aux interpellations, aux critiques.
Il y a les rapports avec enseignants : tous ont des objectifs différents :
Certains veulent que l’enfant découvre et lui laissent un espace imaginaire, le plaisir de la découverte, d’autres veulent lui donner des clés.
- pour d’autres enseignants : il faut faire un paquet cadeau avant, décoder ce qui va être présenté, expliquer la représentation.
Il y a deux regards : ce qu’il faut savoir et ce que l’enseignant a en tête.
Il est spectateur, parfois il croit savoir ce qui est bien pour l’enfant, parfois il peut s’interroger comme le programmateur.
D’une manière générale les programmateurs veulent faire se rencontrer ; les enseignants et les responsables culturels, mais la relation n’est pas aisée.
Les enseignants n’utilisent pas assez les programmateurs.
Il faut une relation à l’année : l’information part en juin, rien n’empêche une rencontre alors, pour parler des spectacles et en trouver l’intérêt artistique. Très tôt cette relation doit s’instaurer et continuer.
Ce doit être une relation de confiance : le responsable va prendre un risque, est-ce que ça lui plaît, à lui, à l’enfant, cette prise de risque.
C’est aussi une question posée à lui-même.
L’enseignant doit s’interroger sur sa formation personnelle, son goût.

PROJET GULLIVER :UNE EXPÉRIENCE DE PARTENARIAT À L’ÉCOLE PRIMAIRE DE
VAYSSIÈRE DANIÈLE CLOATRE : DIRECTRICE D’ÉCOLE PRIMAIRE VAYSSIÈRE

C’est un travail de longue haleine, de personnes et d’équipe pédagogique qui à duré quatre ans.
Directrice d’école et institutrice en même temps, nous avons mis nos compétences ensemble, pour développer expression orale et musique.
Qui sont ces enfants ? D’où viennent-ils ? Qu’est-ce qu’il font ?
Une école dans une Zep défavorisée avec les problèmes : de chômage, de délinquance, un problème de comportement des enfants sans sommeil, ni hygiène, ni hygiène alimentaire.
Au niveau de l’évaluation en CE2 nous constatons un problème en expression orale : un vocabulaire pauvre, un syntaxe mal connue : donc nous nous sommes dit, il faut des objectifs prioritaires pour que ces enfants aient une scolarité normale. Favorisons la lecture, développons son schéma corporel, son émotion, son affectif.
Cela c’est fait par étapes.
La première année : un travail sur les liens parents / enfants, qui entraîne l’implication des parents pour amener les enfants au théâtre, au musée, à la ferme, à la bibliothèque ; des sorties ponctuelles, se reconduisant une fois par mois.
La deuxième année : nous avons privilégié la musique, un enfant qui ne parle pas est agité, comment peut-on fixer son attention ?
Ecouter les autres par la musique.
La troisième année : un “projet conteur” nous mettant au coeur du problème de l’expression orale.
Les enfants ont inventé, récité au micro sur une scène, après avoir fabriqué leur masque. Nous avons constaté que l’enfant aimait jouer.
L’enquête Massalia est arrivée à point en juin 93, nous avions besoin de quelqu’un rassemblant les quatre domaines : gestuelle, expression orale, musique, et donc le théâtre.

KATY DEVILLE :THÉÂTRE DES CUISINES

Intervenant dans cette école nous faisons avec les quatre enseignants, quarte ateliers :
- celui des décors, des panneaux,
- celui des récitants
- celui de l’écriture des contes
- celui de l’acteur et du geste.
Le théâtre de Cuisines est une jeune compagnie de théâtre d’objets, nous avons proposé “un cycle Gulliver sur 3 ans.
Continuer la relation avec les enfants de dernière année maternelle (2 projets jumelés : une ville, Marseille, une compagnie à Gémenos). Vivre l’aventure, découvrir des choses ensemble.

Je suis comédienne, c’est un réel éclairage que je découvre avec eux.
On prépare le travail : première année : un livre… plus un livre pour eux, en informatique.
Poupées sur scène.
C’est très important d’avoir une relation humaine, on se voit, on discute, c’est très riche pour tous.
A la fin de cette première année les enfants vont faire une exposition - spectacle : lieu ouvert.
C’est la première fois et c’est excitant dans le sens spectacle non écrit…
Une idée de la structure, de l’histoire, nous sommes en état de recevoir ce qui se passe venant des enfants.
Chaque fois, on ne sait pas comment on va arriver au spectacle.
L’enfant est au coeur de notre projet de travail il passe dans les quatre ateliers puis se détermine : il choisit.
« Le Cycle Gulliver» (extrait du programme de la compagnie)
Le Cycle Gulliver est un programme d'activités sur plusieurs années. Chaque année, il comporte deux phases distinctes.
La première consiste en un atelier annuel de Pratique Artistique animé par Katy Deville pendant plusieurs mois, dans les écoles maternelles et primaires de Marseille.
La deuxième est la réalisation, à la fin de chaque atelier, d'un spectacle joué par des comédiens professionnels, dont le contenu s'inspire très largement (mais pas seulement) du travail accompli avec les enfants.
Au moment où les enfants sont dans le cycle des apprentissages de la lecture et de l'écriture, l'idée de base est de les confronter à un processus de création artistique : le théâtre d'objet.
Nous avons choisi de travailler avec les mêmes enfants de la maternelle au CEl. Suivre des enfants dont les goûts vont se former, construire un langage propre à un groupe, faire naître une complicité, telle était notre première ambition.
Les spectacles issus de cette expérience pourront être autonomes et proposés en diffusion à tous les partenaires de l'action culturelle.
Durant la première étape avec les maternelles, les enfants et nous-même inventions l'histoire d'une peluche : "Le nounours".
Répartis en quatre groupes (acteurs, musiciens, décorateurs, journalistes), les enfants ont inventé et exploré ce voyage chacun à leur manière et selon la spécificité de leur groupe.
Tout cet ensemble d'expériences a donné matière à la création du premier spectacle : "Francis a disparu".
Au cours de ces ateliers, nous effleurions les territoires des cinq sens sans avoir vraiment le temps de les explorer. Le désir d'aller plus loin, cette curiosité, nous a mené à la deuxième étape du projet Gulliver : Les territoires sensoriels.
Au mois de juin 96, notre compagnie créera au Théâtre Massalia le deuxième spectacle du Cycle Gulliver : "Petites sensations" .

PHILIPPE VENCK : INSTITUTEUR SAINT LOUIS CAMPAGNE L’ÉVÊQUE
UN PROJET AVEC LA FRICHE

Classe Culturelle
30 élèves
Même conditions : milieu défavorisé.
Parti de ce constat pour monter deux projets avec des enfants qui n’étaient pas sortis du quartier, n’avaient pas vu la mer.
Un désir : les mettre en contact avec un milieu culturel valorisant.
La première année avec la conseillère pédagogique, nous avons fait une classe théâtre (problème de finances).
Quatre jours sans hébergement, sans financement. Les parents l’ont financé.
- Le matin : pratique d’acteur avec un comédien, dans un théâtre prêté.
- L’après midi : rencontre avec les comédiens - assister à une répétition - visite.
- Le soir : spectacles - nécessite de variété de spectacles - retour à minuit.
A Massalia les enfants ont pu voir : «Sextuor» pièce musicale de Georges APERGHIS, ce fut un succès, ce qui prouve qu’on peut montrer des choses difficiles. Un bilan positif.
Dans cette expérience : en quatre jours, un tout autre comportement que dans le milieu scolaire.
La deuxième année
Avec Nelly Flescher (radio) et Graziella de Massalia un nouveau projet : “Enfant - acteur – spectateur - critique - réalisateur”. Mettre en contact avec un milieu riche les enfants de la classe de CM1.
L’idée était que les enfants devaient réaliser quelque chose (une émission radio)
Nous voyons les spectacles de janvier à mai, nous préparons en classe, nous recherchons avec Graziella, nous allons voir le spectacle (29/30 élèves), avec les parents.
En classe nous travaillons sur le spectacle : texte, mise en scène, décor. Pour ces jeunes peu adaptés au système scolaire il est plus facile de faire la conjugaison, travail d’écriture très important, plus motivant puisqu’ils parlent à la radio, la production est de meilleurs qualité.
Un travail d’enregistrement et de montage à la Friche.
Fonctionnement : plusieurs groupes, plusieurs ateliers d’élèves.
Un groupe à Massalia découvre comment on y travaille / un groupe avec les artistes plasticiens / un groupe chez les musiciens / un groupe au restaurant / un groupe avec Taktik.
“ Des radinettes à la Clanouille” émission de radio, réalisé par les enfants de la classe à partir des spectacles vus à Massalia et leurs relations aux différentes activités de la Friche et produite par Radio Grenouille et Massalia le mardi à 14h15 et le dimanche à 11h30.
Lettre des enfants aux écoles
Projet dont le budget s’élève 52000F/ville transport.

BRIGITTE LALLIER-MAISONNEUVE DU THÉÂTRE ATHÉNOR SAINT NAZAIRE
UNE VILLE, UNE STRUCTURE CULTURELLE, UN CRÉATEUR

Le théâtre Athénor met en oeuvre à Saint Nazaire une politique de rencontre des jeunes publics avec l’art vivant à travers trois axes :
• La création : une compagnie sur place et des accueils en résidence
• La programmation : une saison avec une quinzaine de spectacles (environ 80 représentations)
un festival en biennale «résonances» autour de la création contemporaine pour les jeunes publics.
• La réflexion : l’école du spectateur : actions d’accompagnement et d’aventures artistiques en relation avec les spectacles
ateliers de pratique artistique et stages de formation avec comédiens et metteurs en scène dispositifs particuliers de mise en réseau (jumelage - contrat local d’éducation artistique) cycle de conférences
• développement des écritures contemporaines : travail avec les auteurs, résidences, ateliers.
Cette action développée à Saint Nazaire met en lumière toutes les possibilités et cohérence qui peuvent se développer dans une dynamique d’ensemble quand une municipalité s’implique totalement dans un projet culturel, mettant au centre l’enfant et la démocratisation de l’art.
En effet l’ensemble de ces dispositifs se sont tissés au fur et à mesure sur le terrain.
La création et le travail avec les créateurs alimentent les propositions qui se construisent avec des volontés conjuguées :
- la volonté artistique (celle du théâtre Athénor)
- la volonté pédagogique (celle de l’enseignant des partenaires de l’éducation : I.A., IEN, enseignants, IUFM) avec qui les projets s’élaborent.
- la volonté politique
La ville de Saint Nazaire et maintenant des communes environnantes qui ont formalisé cette volonté dans une convention.
Le projet qui est parti d’une demande simple faite par la ville d’interventions de comédiens dans les écoles a débouché après quelques années (près de 10 ans) sur un projet artistique et culturel global développé sur un bassin de population.
Cela a été possible grâce à des circulations permanentes et approfondies entre les divers partenaires, entre les recherches de la création, les rencontres avec les enseignants, les réflexions des enseignants, les confrontations avec les quartiers.
La prise en compte des questions de chacun, les provocations et remises en cause par les partenaires permettent de créer une dynamique fertile.

RÉSUMÉ DES DÉBATS
Lors des débats en présence d’enseignants de la maternelle, primaire, des conseillers pédagogiques, des responsables-structures, des artistes et des responsables-administratifs sont rappelés :
- la lourdeur des démarches administratives,
- les problèmes de crédits
- et surtout de l’époque à laquelles arrivent les subventions quand elles sont attribuées,
- le soupoudrage de l’Education Nationale
- les arcanes de la DRAC
- la nécessité de former les élus, les enseignants, et les artistes sur ce sujet
- la nécessité de mettre en cohérence l’ensemble des sources de financement, d’origine multiple mais aussi les actions temps scolaires et hors temps scolaires ; plus facilement réalisables avec les coordinations
ZEP dont certains représentants sont dans l’assemblée.
- On note également :
- des accords Ville/Jeunesse et Sports à Salon avec les CAT
- une politique «jeune public» à Cavaillon :
de la maternelle au primaire et les élèves de CP vont gratuitement au spectacle
- favoriser la relation directe enfants/artistes est pour Martine Petite le bon choix (Centre Culturel de Cavaillon)
- Fos propose ausi une programmation «jeune public», la rencontre avec l’oeuvre est essentielle et de là peuvent se développer des énergies. Trop longtemps on a privilégié l’atelier pratique, plutôt que les oeuvres d’artistes. L’enfant existe et on lui demande d’amener ses parents aux spectacles.
Face aux expériences «Jeune Public» de certaines municipalités Philippe Foulquié rappelle que la laïcité reste un combat commun, que c’est un acquis, un droit. Que dans notre région, Marseille doit être pourvu d’un théâtre «jeune public national» pour valider la démarche de tous.
Annick Colombani au nom de la DRAC rappelle que le ministère sensibilise les structures à ces aventures, pour qu’elles développent des projets avec les enseignants. On s’orienterait plutôt vers des centres de ressources des lieux avec une forte dynamique.
Enfin Michel Crespin rappelle que les enfants doivent être initiés à l’ensemble des démarches théâtrales sans exclure le théâtre de rue, il rappelle l’ouverture de «lieux publics» à de telles tentatives.Seconde Etape Théâtre-éducation dans les Hautes-Alpes - site pilote d'une nouvelle politique. nationale le mercredi 19 avril 95, 9h30 - 17h,au Théâtre de la Passerelle à GAP.
Analyser ce qui se passe ou pourrait se passer dans un département dit “ isolé culturellement” et choisi comme lieu d’expérimentation de la politique nationale des “sites“:
- où en est la pratique théâtrale (acteur/spectateur) et la relation aux artistes à l’école, au collège, au lycée.
- quel sens, quels objectifs, quelles modalités lui donner
- comment inventer ensemble, artistes, enseignants, responsables culturels, élus, parents d’élèves une politique de site qui permettrait à chaque élève une véritable experience artistique au cours de sa scolarité et hors temps scolaire avec l'ensemble des partenaires (Protocole signé par les trios Ministères : Education Nationale, Culture, Jeunesse et Sports) en lui offrant des parcours singuliers.

SECONDE ETAPE DES ASSISES :
GAP 19 AVRIL 95 AU THÉÂTRE DE LA PASSERELLE
LES ASSISES RÉGIONALES OU «DES MULTIPLES USAGES DU THÉÂTRE»

MIREILLE GRANGE - Présidente du GRETE
INTRODUCTION
Pourquoi organiser des Assises et à Gap ?
Cette journée s’inscrit dans un large processus de consultation et de réflexion pour interroger les relations du théâtre avec l’éducation mais aussi, proposer de nouvelles innovations .
Le GRETE a choisi de faire l’état des lieux et des pratiques : «voir et faire du théâtre» dans les Hautes Alpes, l’un des 13 territoires expérimentaux de la politique des sites de la maternelle au secondaire.
Et pour cela approfondir les objectifs, le sens, le cadre, les modalités, les pratiques de la maternelle à la terminale, mais aussi hors du temps scolaire, dans la ville, le village.
Le rôle des différents partenaires et institutions sans oublier les associations et bien sûr les collectivités locales.
Nous sommes à la fois dans un espace éloigné des grands centres et qui n’a pas toujours bénéficié du contexte favorable des dix derniers années : aujourd’hui il est un site expérimental.
Le contexte : après avoir expérimenté en France l’ouverture de l’Ecole, que l’Action Culturelle favorisait dans des démarches nouvelles avec des partenaires dès les années 70, les années 1980 ont institutionnalisé ce qu’on appelle le partenariat Education Nationale-Culture avec la mise en place en 1983 d’une convention interministérielle qui a permis le développement des classes culturelles, des ateliers de pratique artistique, les options théâtre menant au BAC et la formation conjointe enseignants- artistes.
Ce dispositif nouveau proposait un modèle original dans le monde, qu’on appelle “le partenariat”, une confrontation entre deux logiques différentes, deux mondes destinés à s’enrichir mutuellement celui de l’artiste engagé dans un processus de création, dans un risque qu’il entend partager avec les élèves. Il ne s’agissait pas de faire appel à un spécialiste de l’intervention, à un médiateur dont la proximité est plus grande avec l’école, mais bien d’engager une démarche de recherche, de projet, de risque, de rencontrer la singularité de l’artiste. Cette démarche a touché moins de 1% des élèves et 10% des établissements.
Il restait bien sûr d’autres dispositifs comme les PAE où l’intervenant apportait sa profession, son savoir faire et non pas ce risque là, cette béance du non-savoir, de l’élaboration ; comme le GRETE l’analysait dans le dossier sur le partenariat en 1988, il fallait une véritable négociation pour mettre à jour le projet des trois parties : élèves - enseignants - intervenants, la reconnaissance des spécificités de chacun, une mise à plat de la nature des objectifs, du contrat, de l’éthique ; le théâtre n’était plus un outil au service de l’éducation mais une finalité de la démarche artistique.
A qui s’adresse-t-on ? A ceux qui acceptent une démarche particulière…
Redéfinissons bien :
Option / Atelier / Classe Culturelle / sont en partenariat avec l’Education Nationale et la Culture.
Les partenaires sont choisis pour faire partager aux jeunes leur démarche de créateur. Dans les PAE, PAC cet objectif n’est pas obligatoire, il s’agit de sensibilisation, d’ouverture au monde professionnel. « Faire et voir»
Aujourd’hui il faut élargir, dépasser l’expérimentation, offrir à chaque enfant un parcours artistique ; cela veut dire davantage de propositions plus courtes, davantage de partenaires et pas seulement dans l’école mais aussi dans le village, dans la ville.
Quoi ? Mais aussi pourquoi ? Comment ? Par qui ?
Par exemple : Permettre aux jeunes de faire du théâtre mais aussi d’en voir et de rencontrer la transversalité des autres arts.
En octobre 93, quatre protocoles signés par les ministères Culture - Education - Jeunesse et Sports - Enseignement supérieur et Recherche proposent d’associer l’ensemble des partenaires.
Comment mettre en place une nouvelle politique pour que l’enfant ait droit à une formation artistique à l’époque des multimédia, du CD Rom (texte, illustrations, photos animation sur voix, fibre optique). Il s’agit de dématérialisation, d’une réalité virtuelle qui commence à effacer la distinction sur laquelle nous vivons depuis Platon entre réel et imaginaire ; face à cela est-il raisonnable de parler d’éducation artistique, ne sommes-nous pas en retard d’une génération ? Plus que jamais, après l’ordinateur et le système binaire, avec la fibre optique, l’éveil de la sensibilité, la rencontre avec l’autre et sa singularité, sont au centre, sans rappeler la formation du citoyen, libre de ses choix et capable de discerner à terme l’oeuvre du produit, l’art de la marchandise.
Le théâtre doit avoir sa place dans l’éducation et la préoccupation des jeunes, et sa place dans le service public du théâtre.

THÉÂTRE-ÉDUCATION DANS LES HAUTES-ALPES- SITE PILOTE
D'UNE NOUVELLE POLITIQUE. NATIONALE

Le mercredi 19 avril 95, 10-16h, théâtre de la Passerelle à GAP
Analyser ce qui se passe ou pourrait se passer dans un département dit «isolé culturellement» et choisi comme lieu d’expérimentation de la politique nationale des «sites» :
- où en est la pratique théâtrale (acteur/spectateur) et la relation des artistes à l’école, au collège, au lycée ?
- Quel sens, quels objectifs, quelles modalités lui donner ?
- Comment inventer ensemble, artistes, enseignants, responsables culturels, élus, parents d’élèves, une politique de site qui permettrait à chaque élève une véritable expérience artistique au cours de sa scolarité avec l'ensemble des partenaires (Protocole signé par les trois Ministères :Education Nationale, Culture, Jeunesse et Sports ) en lui offrant des parcours singuliers.
Le faut-il et pour quel devenir?

PROGRAMME DE LA JOURNÉE
9 H45 -
ACCUEIL
M. Reiso Théâtre de la Passerelle Gap
10 H00 -
INTRODUCTION
Les Assises Régionales : ou "Des multiples usages du théâtre et du partenariat"
Mireille Grange (GRETE)
10H20 -
TRAVAIL EN 2 COMMISSIONS
Etat des lieux et des enjeux dans une politique de site.
Les pratiques : l'enfant acteur / spectateur.
Le partenariat.
Recensement des besoins.
Propositions et utopies.
14 H00 -
BILAN DES COMMISSIONS
15 H00 -
DEBAT
« De l'utopie à la réalité, quels projets futurs sur le site ?» en présence des responsables culturels, des élus, des élus responsables culturels…

BILANS ASSISES GAP 19 AVRIL 1995:
Rapport de la première commission

La spécificité de ce département alpin a été très largement été évoquée, on a noté :
• avant toute chose, la pauvreté des ressources des collectivités locales et par conséquence la difficulté de dégager des budgets particuliers,
• la grande difficulté des déplacements qui accroit considérablement les coûts des transports,
• l’incompréhension de certaines collectivités rurales devant les problématiques de l’Action Culturelle,
• la concentration des structures professionnelles de référence sur deux municipalités et de ce fait le besoin de définir leur mission sur cette activité particulière ou de créer des complémentarités à avec d’autres établissements
• enfin l’absence de compagnie théâtrale professionnelle à côté d’une série d’initiatives de groupes de théâtre amateurs.

PARTIE 1 : LES BESOINS CONCRETS :

A- les moyens d’une circulation :les problèmes de liens à différents niveaux ont été évoqués :
- un besoin d’information sur les projets et programmes de chaque structure, entre les collèges, sur les possiblités des associations du département.
B- les besoins de lieux et de matériel :
un recensement des lieux utilisables a été demandé.
Les participants ont noté plusieurs problèmes : celui des lieux fermés non accessibles, ou avec des calendriers d’occupation inadaptés au temps scolaire, celui des lieux inadaptés et non réservés dans les établissements eux même, celui du matériel non utilisé.
C- le partenariat :
le partenariat a été au coeur des débats.
Différentes difficultés ont été pointées :
- celle de pouvoir simultanément lier sur un projet la structure, les intervenants artistiques et la collectivité locale, chacun d’eux se situant sur des logiques de temps différentes ;
- celle l’éloignement des intervenants et des partenaires associatifs, la difficulté de pouvoir repérer ceux qui sont «agréés» par la DRAC, les critères de celle-ci ne paraissant pas suffisamment explicites ; d’une façon générale, on a souhaité, malgré la mobilité des intervenants, les problèmes de transports et du coût des déplacements, pouvoir assurer la pérennité des actions et travailler dans le sens d’un ancrage plus cohérent.
D - la mise en oeuvre :
Au-delà de ces points se sont posés les problèmes de mise en oeuvre des actions.
Ici, la méthode pour initier un projet a été rappelée par la DRAC :
Il faut élaborer un cadre de travail, (contenus, durée, modalités et partenaires), le soumettre aux services concernés ; une série de regroupements et de recoupements est alors opérée, on redéfinit le projet pour permettre une mise en oeuvre adaptée et ajustée qui constitue alors le dossier définitif.
Du point de vue de la pérennisation, ont été entendues différentes difficultés liées au passage d’un type d’action à une autre ex: comment un club théâtre peut déboucher sur une classe de pratique artistique ou comment peut-on progresser vers la mise en place d’une école du spectateur.
E - la formation des enseignants :
Sur ce thème les participants ont pointé deux demandes
- besoin d’information sur les dispositifs existants
- besoin de précision ou de redéfinition des contenus.

PARTIE 2 : LES SUJETS DE FOND
A - la réalisation d’un spectacle est-elle une fin en soi ?
Différents points de vue se sont confrontés sur ce sujet qui reste ouvert, il pose en effet directement le problème des objectifs, de la nature de l’apport pédagogique dans le cadre de ces programmes ; plusieurs questions sont donc restées sans réponse :
- la réalisation du spectacle amateur est-il le but de l’atelier théâtre,
- les élèves sont-ils obligatoirement acteurs en représentation ?
- la rencontre avec le public que propose la représentation, est-elle importante et de quel point de vue ?
- le spectacle en représentation est-il :
- un moyen de motivation ?
- une preuve ?
- un moyen de comprendre le théâtre comme communication ?
- une façon de faire comprendre l’entreprise théâtrale ?
- la projection de la réussite du professeur
- une forme de pression sur les intervenants ?
- une modalité pour élaborer des critères, et former le jugement critique ?
- une école de tolérance ?
La seule réponse apportée au-delà des différences de point de vue de chacun a pris la forme d’une recommandation : définir finement les objectifs avec les partenaires.
B - la question de l’artiste :
Le débat a été traversé à plusieurs reprises par des questions sur la responsabilité de l’Artiste et sa motivation, quelques intervenants ont apporté les réponses suivantes :
- «créer» des spectateurs futurs
- créer des enfants capables d’ouvrir leur regard et capables d’aimer, de s’enthousiasmer
- faire comprendre que le théâtre existe par les personnes qui le crée et ainsi permettre la comprehension des différentes fonctions : scénographe, dramaturge, auteur.
La question de la liberté du rapport avec l’intervenant a été soulevée comme possibilité d’ouvrir une relation différente de celle de l’élève avec l’enseignant.
C - la sortie d’une logique d’animation : sur ce point complexe, un intervenant a tenté d’analyser les effets induits des modes de financement et des procédures de décisions et de planification ; sur la nature même des actions, il soulignait une évolution vers une logique de tutelle.

PARTIE 3 : LES IDÉES ET LES UTOPIES :
A la demande des organisateurs, chacun a pu émettre toutes sortes de suggestions, sans restrictions, de contraintes et de moyens, voici la liste des idées émises :
- la création d’une «scène départementale» avec mission de partenariat pour ce type d’action,
- le soutien des pratiques amateurs par des professionnels,
- des résidences de compagnies sur différents points du départemeent, pour créer un spectacle commun,
- le «pass-art» généralisé pour tous les enfants du département,
- l’implantation d’une compagnie professionnelle
- créer une pépinière sur la base des compagnies amateurs
- à la Passerelle le projet de mettre en place une unité de fabrication capable de réaliser l’ensemble de tâches liées à la production théâtrale,
- mettre concrètement en place le projet d’un parcours dans l’ensemble du département dans le cadre de la politique de sites,
- à Gap, aménager le CMCL pour les représentations et mettre en chantier une salle des fêtes destinée aux activités des associations,
- la création d’un fond propre pour la prise en charge directe des coûts de déplacements des élèves et des intervenants.
De cet ensemble foisonnant dont on peut bien percevoir les recoupements avec les questions concrètes et les problèmatiques de fond ont été extraits trois priorités :
- la programmation du parcours dans le département : chantier à ouvrir dès que possible,
- la mise en place des recensements des moyens techniques et des ressources humaines du département,
- la mise en place de tous les moyens concrets pour résoudre les difficultés liées à la spécificité du département.

RAPPORT DE LA DEUXIEME COMMISSION
1 - PRATIQUES ET ÉTAT DES LIEUX

Un rapide tour de présentation permet de constater les diverses origines des participants, tous très intéressés par le débat. Ainsi on peut noter la présence d’instituteurs - de milieu rural et urbain - (écoles de Réallon, du Champsaur, de Serres, de Briançon, Guillestre) et de lycée général ou professionnel
(Briançon, Embrun, Gap - Briand et Villars), de Madame Senn, chef d’établissement du lycée Briand de Gap, de représentants de structures culturelles : Michelle Baudouin, directrice du CMCL de Gap, Madame Valla directrice du centre culturel de Briançon, Monsieur Pasquier, Délégué au Service des Affaires Culturelles de Château Arnoux, Monsieur Reiso, Directeur du théâtre La Passerelle de Gap ; Sophie Laurence Théâtre Municipal ou Directrice Théâtre Sainte Tulle et d’intervenants M. Pico et N. Cook.
L’intervention de chaque participant montre l’intérêt de chacun à ce débat, le besoin de s’exprimer sur le sujet - qui semble passionner tout le monde - mais aussi la nécessité de faire évoluer la situation qui n’est pas toujours satisfaisante. Ainsi transparaissent les nombreux liens qui unissent l’école - quel que soit le degré - et le théâtre ou la pratique théâtrale, et la volonté d’éveiller les élèves à cet art, encore considéré par certains parents comme un passe temps, un loisir et non comme un maillon de la culture et de l’épanouissement. On peut résumer le contenu de ces interventions selon la «fonction» des participants.
A - Du côté des enseignants :
De l’école maternelle au lycée, il faut noter l’abondance des projets et la multiplicité des pratiques – de la découverte des spectacles à la création. Parmi les nombreux et divers projets, certains aboutissent grâce à :
- la volonté, la passion, la combativité des enseignants qui acceptent de faire du bénévolat, de travailler
dans des espaces interstitiels ;
- l’obtention de subventions, qui existent certes, mais qui se révèlent le plus souvent insuffisantes - subventions attribuées par les communes, le département, les établissements, le rectorat ;
- l’action des intervenants extérieurs - agrées ou non.
Mais il y a malheureusement de nombreux projets qui ne peuvent pas aboutir à cause :
- du manque de subventions ;
- des problèmes de transports dans une région montagneuse ;
- des difficultés d’horaires, à l’intérieur des emplois du temps et des programmes officiels ;
- du manque de salles ou de lieux de représentation - ainsi certains ont dû faire appel à la bonne volonté du curé qui a bien voulu «prêter» l’église pour la circonstance ;
- du manque de troupes de théâtre vers lesquelles devraient pouvoir se tourner les enfants déjàouverts au théâtre.
B - Du côté des intervenants :
Ceux-ci interviennent à tous les niveaux, en fonction des demandes et des nécessités. Ce peut être un travail d’initiation, d’acteur ou de formation de spectateur. Les problèmes qu’ils soulignent sont :
- d’être reconnus car leur rémunération et leur survie sont en jeu ;
- l’absence de troupes permanentes à La Passerelle ;
- leurs rapports avec les grosses structures - du types de La Passerelle - qui sont subventionnées et draînent vers elles les spectateurs, alors que eux font un important travail sur le terrain, sans en tirer les bénéfices, ce qui explique qu’ils ont du mal à subsister face au chômage qui les touche.

2 - SENS DU THÉÂTRE ET UTOPIES
Interrogés sur leurs démarches et sur ce que représente pour eux le théâtre, les participants ont exprimé des avis divers mais assez proches, dont on peut rappeler les formules le plus souvent employées.
Le théâtre est conçu comme :
- un moyen de faire entrer un processus de création, à tous les niveaux ;
- une aide à vivre ;
- un facteur d’épanouissement et de communication ;
- un moyen de lutte contre l’individualisme et un facteur d’égalité ;
- une quête de la vérité ;
- un accès à la culture dès le plus jeune âge ;
- une école d’ouverture sur l’écrit, l’oral et l’action ;
- un moyen d’accéder au rêve, aux émotions et à la culture ;
- un art à l’état pur et un art du vivant ;
- un facteur de rencontre avec d’autres, dans un milieu artistique.
Quant à leurs voeux, les utopies qu’ils souhaitent voir se réaliser, là encore les avis sont assez proches, quelle que soit la situation de chacun.
On peut ainsi proposer :
- la multiplication de moyens financiers ;
- la création d’un «printemps» des collèges ;
- l’accès au théâtre, conçu comme un espace culturel de proximité ;
- la nécessité de faire du théâtre un vrai espace d’enseignement ;
- l’obtention de lieux de pratique et/ou de création,
- de plages horaires spécifiques,
- et la mise en place d’une plus grande collaboration ;
- la nécessité d’alléger les programmes pour pouvoir pratiquer le théâtre ;
- la mise à la disposition des enseignants de personnes compétentes et qualifiées ;
- la possibilité, pour les artistes, de vivre de leur art ;
- la prise en compte du théâtre dans les IUFM
- l’instauration d’une Action Culturelle à deux vitesses : pouvoir travailler sur la masse et avoir des groupes de travail plus privilégiés pour ceux qui veulent aller plus loin ;
- la création d’un organisme spécifique qui permette de renseigner et de mettre en relation les personnes intéressées.
Les trois questions retenues :
- les lieux et le temps (temps interstitiel) et les transports ;
- la légitimisation des intervenants locaux, en fonction de leur formation et des projets défendus ;
- l’insuffisance des moyens financiers.

FICHE: ETAT DES LIEUX GAP
(forcément incomplet établi par les participants de Assises)

Lieux et technique : Centre de ressources, à Veynes. (Projecteurs - studio enregistement) gratuit
- à Gap : Centre Municipal Culture et Loisirs (CMCL) : salle correctement équipée – location modique mais saturée de demandes - car elle est aussi salle des fêtes… (nécessité ne plus être salle des fêtes)
Il y a d’autres salles… mais peu appropriées et sans équipements. (sauf Chapelle des Pénitents - surtout propre à la voix la musique de chambre et salle du cinema “ le Centre” - qui dispose d’une scène mal équipée en éclairage… privée, libre le lundi seulement)
Etablissements scolaires :
Lycée A. Briand : 1 salle “polyvalente” - sans équipements et non réservée à l’atelier théâtre
Lycée D. Villars : 1 salle (100 places environ) avec scène
Collège Mauzan : 1 salle avec scène - peu accessible (90 places) aux autres scolaires, du moins il y a quelques années ! Je n’ai pas renouvelé des tentatives…
Collège Centre Gap
Collège Sud ?
LEP Paul Heraud
LEP Sévigné : gymnase…
LEP agricole
Salles de quartiers : 3 ou 4 - difficiles à obtenir - peu propices à la représentation.

Ressources
Ressources humaines…
- au moins 5 troupes de théâtre amateur (à Gap seulement) : chacune avec un genre préférentiel
- autres troupes d’amateur (chant lyrique et autres) - danse (axée sur la recherche de l’expression).
- des indépendants en milieu scolaire (primaire et collège) et qui participent aussi à des creations (bénévoles) en aidant des associations diverses, ou on crée des associations (possibilités : formation de danse / scénographie / décor / éclairage / initiation au jeu théâtral son et musique au théâtre.)
Lieux de programmation soutenus par la culture :
• Théâtre de la Passerelle à Gap - Directeur M. REISO
• Centre Culturel de Briançon - Directeur Mme VALLA

Le GRETE a participé à l’ensemble du processus de réflexion sur Théâtre/Education en organisant les Assises décentralisés le 22 février 95 à Massalia à Marseille et le 19 avril 95 au Théâtre de La Passerelle à Gap.
Plus de 80 personnes à Marseille et 100 personnes à Gap ont assisté aux assises en présence des représentants de la DRAC et du Rectorat : intervenants en milieu scolaire, artistes amateurs et professionnels, représentants des structures culturelles sont venus nombreux montrant ainsi leur intérêt pour cette question.

A Marseille enseignants du primaire et conseillers pédagogiques et à Gap chefs d’établissement, enseignants du primaire et du secondaire (Collèges, Lycées, LP) et délégués aux affaires culturelles et même l’adjoint à la Culture, étaient présents.
Tous ont exprimé le plaisir de se rencontrer, la nécessité d'un tel débat face à l’isolement de leurs pratiques. Tous ont réclamé que leurs démarches soient facilitées.
Au besoin de s’exprimer sur le sujet s’ajoutait le désir de faire évoluer la situation qu’ils ne jugeaient pas toujours satisfaisante.
Ainsi à Marseille étaient mis en évidence :
D'une part les difficultés de la prise en compte de ces pratiques par la hiérarchie dans le premier degré, et de l'autre la nécessité de développer la formation des enseignants.
Nous constatons :
- que la pratique de spectateur a lieu surtout à l’intérieur de l’école
- la faiblesse des démarches vers les théâtres car ils ne sont pas adaptés à la demande du jeune public
- la nécessité de spécialiser un lieu théâtral "jeune public".
Quelle politique pourrait-elle être mise en place avec l’aide des municipalités qu’il faut convaincre ?

Qu’a-t-on constaté à Gap ?
* D’abord la problématique des Hautes Alpes département isolé doit être prise en compte :
- à la pauvreté des ressources des collectivités locales s’ajoute la faible sensibilité à l’Action Culturelle des collectivités rurales. La difficulté est la cherté des déplacements.
- La concentration de structures professionnelles sur deux municipalités : Briançon et Gap, mais l’absence de compagnie professionnelle dans la région.
- De nombreux groupes amateurs qui ont animé la vie culturelle réclament fortement une reconnaissance.
- La nécessité de liens (professionnels - amateurs, communes rurales et villes), de lieux de travail et d’information.
* Le partenariat était au coeur des débats et différentes difficultés ont été répertoriées :
- les objectifs et le sens de ces pratiques sont à approfondir
- les points de vue parfois divergents entre partenaires
- la nécessité d’une rencontre et d’un dialogue entre structures culturelles, artistes et enseignants.
Les logiques ne coïncident guère : on veut assurer la pérennité des actions mais les intervenants reconnus pour le partenariat viennent de loin et pour peu de temps.
Un certain nombre de propositions ont été faites.

BILAN DES ASSISES DÉCENTRALISÉES : MARSEILLE - GAP
MIREILLE GRANGE
Il est nécessaire :
- D’implanter une compagnie professionnelle sur le département indépendamment des residences d’artistes à la Passerelle et la nécessité d’une “scène départementale” chargée d’une mission de partenariat avec les établissements scolaires qui permettrait un véritable projet de parcours artistique sur l’ensemble du département, à condition de créer un fond propre pour la prise en charge de coût de déplacements des élèves et des intervenants. Les participants précisaient que l’accès au theater doit cependant s’inscrire dans un espace culturel de proximité.
- De mettre en relation compagnies amateurs et compagnies professionnelles pour créer une pépinière et établir le dialogue.
Enfin est apparu l’expresse demande de légitimation des intervenants locaux en fonction de leur formation et des projets défendus, et la nécessité de trouver les moyens du dialogue avec les professionnels.
Ainsi les Assises ont mis en évidence des besoins communs et la nécessité d’engager des parcours, des projets qui restent à prendre en charge par les acteurs sur le terrain et les instances décisionnelles.
Les deux structures Massalia et La Passerelle qui ont collaboré avec le GRETE à ces Assises pourront- elles mettre en place dès cette année, de nouveaux projets avec les enseignants déterminés ?
Mais comment favoriser un réel développement des pratiques dans le premier degré et second degré dans les Hautes Alpes et à Marseille ?
Au coeur de ces questions la nécessité de convaincre les collectivités locales qu’elles doivent s’engager fortement dans une politique d’initiation artistique et culturelle indispensable à l’avenir de nos enfants et de la société.

A la suite des Assises de Gap une véritable politique d'éducation artistique en direction des élèves s'est mise en place à Gap avec le Théâtre de La Passerelle, puis bientôt à Briançon avec le Théâtre du Cadran.

CONCLUSION AUX ASSISES RÉGIONALES GRETE
EDUCATION ARTISTIQUE/CULTURELLE ET THÉÂTRE

MIREILLE GRANGE
En 1995 le GRETE a travaillé sur l’enjeu des pratiques théâtrales et leur devenir, de la maternelle à l’Université, dans le cadre des Assises régionales et nationales. Qu’en ressort-il ?
• UNE CONSTATATION : l’indispensable nécessité d’une politique artistique et culturelle associant les artistes à des enseignants formés capables de mener un projet dans trois directions complémentaires: relation aux spectacles, expérience de la pratique théâtrale, sans exclure la réflexion.
• UNE INTERROGATION : Quelle sera la place de l’artiste, sera-t-il au centre de ce dispositif ?
Depuis près de 15 ans, côte à côte ministères de l’Education et de la Culture mènent une politique de partenariat associant enseignants et artistes. Une réussite aux yeux de tous. Pourtant la Culture ne veut déjà plus du tête à tête et on élargit le partenariat à Jeunesse et Sports dans «la politique des sites», sans semble-t-il avoir suffisamment questionné l’expérience irremplaçable de la présence
de l’artiste dans ces pratiques. D’autre part dans les “options facultatives” l’on parle désormais de “correspondant culturel”. Pourquoi le ministère de la Culture préfère-t-il pour les options facultatives, "le correspondant culturel" ?
S’il est vrai que l’on peut s’approprier la culture théâtrale en dehors de la pratique, l’expérience esthétique doit privilégier l'appropriation par la pratique, appropriation “du sujet, et du monde”, favoriser l'élaboration symbolique et l’accession à un langage.
Mais ne sommes-nous pas en face de la cohérence d’une politique du ministère de la Culture ?
En effet, en ce qui concerne la politique de création, ne s’agit-il pas d’un choix, qui privilégie trop souvent une politique de consommation culturelle de produits bien faits, standards qui tournent d’un point à l’autre de la France “sorte de modèles” que l’on veut rentabiliser et base d’une culture commune de reconnaissance et non pas regard neuf qui nous étonne, nous révèle le monde où nous vivons ?
S’agit-il de choisir la pratique culturelle pour élargir une sensibilisation à l’art ou abandonne-ton le développement de la pratique artistique ?
Sommes-nous en train de constater l’impasse, sans reconnaître l’échec ? L’expérience avec l’artiste dans l’école, comme les enseignements artistiques eux-mêmes, ne permettrait-elle pas l’expérience de l’artistique ? Seul le culturel pourrait-il être partagé ?
Et remplacer l’artiste par le “correspondant culturel” ou associer Jeunesse et Sports ne changeraient-ils rien fondamentalement à ce qui se passait déjà ? Il est vrai que trop peu d’artistes se sont engagés totalement dans cette pratique partenariale, enjeu d’une société dans son rapport à l’art.
UNE URGENCE : qui prendra l’initiative de mettre en place cette politique d’éducation artistique et/ou culturelle ?
Nous sommes tous concernés en tant que citoyens ; pourtant les parents sont d’avantage sensibles à l’emploi, au savoir ; ils considèrent la sensibilisation à l’art ou comme supplément d’âme ou comme une affaire privée, qu’ils doivent eux-mêmes prendre en charge en dehors de l’école.
C’est à l’école que tous les enfants vont, que les différences sociales et culturelles peuvent encore se rencontrer et c’est donc à l’école qu’il faut permettre cette rencontre avec l’art et la culture vivante, dans un souci d’égalité.
Nous pensons qu'il y a un socle intangible commun et qu’il faut mettre en relation les différents arts à partir d’un seul. Le GRETE choisit de privilégier le théâtre, car comme Claude Capelier l’a fait remarquer aux Assises Nationales, le théâtre est le lieu traditionnel par excellence où se fait la liaison entre les formes de la culture savante et les formes modernes de la culture intermédiaire (rock… télé…) ce qui explique sans doute son succès dans le milieu scolaire, ajouté à sa pratique collective.
• UNE NÉCESSITÉ : la collaboration des différentes instances : “Démocratiser la culture, l’accès à l’art, un thème rebattu ? Pourtant l’accès à l’offre, le soutien aux artistes ne suffit pas. Pour Philippe Urfalino "c’est au ministère de mener une vraie politique de démocratisation et de résoudre l’accès à la réception et à sa qualité qui devrait s’appuyer sur une éducation artistique".
D’autre part, de nouveaux dispositifs avec l’aménagement du temps scolaire renforce l’importance du choix des collectivités, ces dernières ont les compétences culturelles qu’elles se donnent : soutenant ici des projets, organisant là rencontres, tournées, redécouvrant parfois tout le cheminement commencé il y a près de 20 ans dans le domaine Théâtre / Education.
Il est encore trop rare que l’accès aux oeuvres, la pratique théâtrale, la rencontre avec l’art à tous les âges soit une priorité ou une politique que l’on mène à long terme. On préfère bien souvent l’effet médiatique, immédiat qui permet à l’élu de rendre des comptes. Les différentes instances devraient privilégier la collaboration pour mettre en place une politique cohérente en faveur de sa jeunesse.
Une tentation à éviter la médiation :
Mais comment ces différentes instances nationales, régionales, locales peuvent-elles travailler ensemble pour permettre des projets et une politique ?
Attention à la médiation, l'entre deux mondes ! Produire des intermédiaires, des interfaces qui n’appartiennent plus à aucun univers ne permet pas la construction de politiques valables. Il faut oser les confrontations directes, les paroles ancrées, la rencontre féconde de l’altérité. Comme dans le partenariat direct artistes / enseignants qui a fait ses preuves, toutes les différentes instances doivent travailler ensemble dans un espace, un temps neutre pour que chacun puisse discuter de son point de vue.
Un vrai partenariat, pour une éducation artistique et culturelle nécessite une volonté politique et la collaboration entre toutes les instances avec les partenaires artistiques et culturels, les acteurs de terrain, les usagers et les associations qui ont expérimenté et engagé les pratiques Théâtre / Education depuis longtemps.



ASSISES NATIONALES ANRAT
1995


Le 30 septembre et 1er octobre 1995 se tenaient à Paris les secondes Assises de l’ANRAT en presence de représentants du ministère de la Culture et de l’Education, des représentants des assises décentralisées, tenues dans trente villes et qui ont rassemblé près de 2000 participants : enseignants, artistes responsables éducatifs, culturels et politiques, pour évoquer les enjeux du développement du théâtre et de l’éducation dans notre pays.
Le GRETE représentait notre région par une participation nombreuse.
Durant deux jours de nombreux intervenants se sont succédés et quatre thèmes ont été débattus : les enjeux de l’institutionnalisation, du développement, de la décentralisation et de la formation. A la suite de cette manifestation, qui rassemblait six cents personnes, l’ANRAT décidait d’envoyer une lettre aux deux ministères pour faire état du mécontentement et pour réclamer des mesures rapides sur deux questions sensibles, mises en évidence par les participants.
Il s’agit : de la transformation des ateliers de pratique artistique des lycées en options facultatives, refusée par beaucoup d’entre nous ; mal comprise ; certaines régions remettent en cause le partenariat artistique et pédagogique, originalité du modèle français auquel nous tenons et qu’il faut rétablir partout.
Du statut des artistes intervenants qui lors des interventions dans les projets en partenariat dans le milieu scolaire voient leurs competences considérées comme prestations de formation et non comme travail artistique ce qui les pénalise aux Assedic et contredit formellement le partenariat qui met justement en valeur la collaboration de l’artiste en tant que tel, avec l’enseignant dans les classes culturelles* les ateliers de pratique artistique* et les options* (cf. introduction vocabulaire du Partenariat).
La plupart des questions abordées à Paris avaient été repérées par le GRETE lors des Assises Régionales à Gap et Marseille.
A savoir :
• La nécessité d’affirmer et de développer le partenariat Artiste/Enseignant, de diversifier les relations Théâtre/Education, de la maternelle à l’université et de veiller à une répartition équilibrée sur tout le territoire ; ce qui entraîne le nécessaire développement culturel et artistique dans l’ensemble des régions.
• La nécessité d’imposer la notion de projet spécifique négocié, comportant trois axes complémentaires : voir des spectacles, pratiquer le théâtre et mener une réflexion, (cette pratique ne pouvant en aucun cas être pensée comme discipline) et la nécessité de favoriser des expériences novatrices.

ASSISES NATIONALES DE L'ANRAT :
PARIS 30 SEPTEMBRE ET 1ER OCTOBRE

Extrait de la synthèse de Mireille GRANGE, Présidente du GRETE
• La nécessité de développer la formation initiale et continue des enseignants, et la sensibilisation des artistes à ces pratiques.
• La nécessité de développer principalement ces actions de formations dans le premier degré et donc d'avoir des conseillers pédagogiques formés pour le théâtre.
• La nécessité d’assurer la relève, de transmettre l’expérience acquise aux jeunes enseignants et aux jeunes comédiens.
• La nécessité de développer des espaces de recherche où la transversalité des arts puisse se rencontrer.
• La nécessité de débattre sur les objectifs, le sens des démarches d’éducation artistique et culturelle.
• La nécessité d’engager de véritables politiques concertées entre Éducation, Culture, Collectivités, structures culturelles, artistiques et associations militantes qui ont les premières engagé ce mouvement de théâtre Education dans le milieu scolaire.

ASSISES NATIONALES DE L'ANRAT :
PARIS 30 SEPTEMBRE ET 1ER OCTOBRE
Extraits du Compte rendu de Marthe PAOLI, Vice-Présidente du GRETE

- Attention aux dérives possibles : il faut oublier cette hantise de la scolarisation, l’esprit disciplinaire,
le réflexe “chasse gardée” ; et s’ouvrir vers de nouveaux groupes d’enfants et de nouveaux partenaires. Il convient aussi de rechercher une répartition plus équitable des actions sur le territoire (rôle des commissions régionales).
Une erreur à éviter : celle de former des médiateurs professionnels. Il faut apprendre à dégager ce qui est essentiel, se libérer de l’artifice scolaire.
Quelques questions :
- les D.R.A.C. peuvent-elles gérer autre chose que des dossiers ?
- Peut-on lutter contre l’échec scolaire grâce au Théâtre ?
- Les compétences universitaires suffisent-elles à l’enseignant de Théâtre ?
- Les artistes ne viennent pas là pour une rémunération des plus modestes mais pour une certaine compensation à un passé de lycéen (du type “c’est moi le maître à présent !”)
La conclusion : ne pas s’illusionner sur le pouvoir du théâtre mais souhaiter pourtant son institutionnalisation à l’école et réfléchir sur un type de théâtre nouveau.
Jean-Gabriel Carasso
(directeur de l’ANRAT)
- 6 principes à défendre
1) réaffirmer la nécessité des relations institutionnelles Education Nationale / Culture
2) importance du caractère vivant de l’enseignement artistique
3) importance de la notion de projet et des acquis
4) voir des spectacles vivants et divers (travail de jeu et de réflexion)
5) continuer la spécificité française du partenariat
6) pas d’éducation artistique sans développement culturel

Que veut-on généraliser ?
- le goût du théâtre ?
- sa compréhension ?
- la généralisation d’une pratique ?

Anita Weber
(DRAC de Haute Normandie)
Les collectivités territoriales doivent se mêler de l’éducation artistique. Il faut mettre en relation des lieux, des personnes. L’idée de projet est dans les établissements mobilisatrice, dynamique.
Brino Bourg
(député maire de Châlon sur Marne et président de la commission des affaires culturelles à l’Assemblée Nationale)
Dans les collectivités territoriales s’enchevêtrent les compétences. Il faut des cadres qui permettent aux initiatives locales de se produire. Quel chef d’orchestre pour des projets transversaux ? Un enseignant, un artiste, une association…

Cette année encore, dans la rencontre du mois d’octobre de l’ANRAT des praticiens (comédiens, enseignants) pointaient les écueils : marginalisation d’une part ; digestion de l’autre, au point de devenir une matière du programme.
Difficile en effet de répondre à ces deux nécessités qui fondent le théâtre : temps et lieu adaptés.
Difficile aussi d’étendre cette parole subjective, cette parole du privé, dans une institution, où, par
nature le “je” est suspect.
Cependant pas de “jeu” théâtral sans “je”.
Pour apprivoiser cette relation entre théâtre et école il était beaucoup question de “médiateurs”.
Certains centres culturels assument une fonction de cet ordre, plus “accompagnateurs” et “incitateurs” que médiateurs.


ASSISES NATIONALES DE L'ANRAT :
PARIS 30 SEPTEMBRE ET 1ER OCTOBRE

Pour la préparation des Assises Annexes
extraits du rapport de l’ANRAT choisis par le GRETE pour son bulletin

Un cadre associatif
Le développement des relations du théâtre et de l’éducation dans notre pays n’existerait pas sans l’engagement, la passion et la générosité de nombre d’artistes et d’enseignants, de responsables culturels ou éducatifs, qui se sont engagés dans les différents projets. Notre association elle-même est le reflet de cet engagement.
Un contexte.
Après les années 50/60, phase du défrichage et des précurseurs, vinrent ensuite les années 70, temps de l’expérimentation, de l’Action Culturelle, de l’ouverture de l’école et les années 80 furent la période de l’institutionnalisation progressive et du partenariat affirmé entre la Culture et l’Education (Convention interministérielle de 83), mise en place des classes culturelles, ateliers de pratique artistique, bac théâtre, rencontres et festivals, formations, développement de la vie associative, ces dispositifs centrés principalement sur le secondaire, délaissant fortement l’enseignement primaire et l’université, ne concernent qu’une faible minorité de jeunes.
Le développement des relations théâtre/éducation, tel qu’il a été mené depuis une dizaine d’années, arrive à un seuil critique. Moyens limités ou réduits, dispositifs nouveaux, scolarisation excessive, prétention à la “massification”, interrogations sur le sens... Crise de croissance ou limites d’une ambition? La question est aujourd’hui posée, les réponses sont incertaines.
Deux enjeux majeurs se présentent à nous.
• Comment élargir le champ des activités, toucher plus de jeunes, sans perdre le sens de notre travail.
Comment maintenir les actions “de référence” et trouver en même temps de nouvelles formes de travail, plus souples, plus légères, plus largement accessibles ?
• Le second enjeu concerne la nature même des actions menées en partenariat entre des artistes et des enseignants et, à terme, le principe même de ce partenariat.
S’agit-il de conserver une part de l’esprit de l’Action Culturelle, de l’éducation active, faisant notamment référence au “projet” collectif des élèves, des enseignants et des partenaires extérieurs pour une approche active du théâtre...ou bien l’Education Nationale est-elle irrésistiblement en train de “recentrer” ces expériences pour les réintroduire dans des normes et des cadres plus traditionnels ? Ce mouvement de “re-scolarisation” est-il véritablement engagé ? Jusqu’à quel point?
Comment peut-on agir dans ce domaine ?
C’est donc dans ce contexte, et au regard de ces deux questions principales, que l’ANRAT propose une réflexion générale en trois étapes : Montpellier, Assises Régionales , Assises Nationales.
1/ Les idées force
Dans ce contexte, il y a nécessité (et urgence) à redéfinir (pour nous-mêmes, pour les instances de décision, pour le grand public): le sens, les objectifs, les principes, les modalités des actions théâtre/éducation.

A/ Le sens général est à affirmer:
- développement sensible de l’individu,
- éducation artistique et culturelle active,
- capacité à discerner,l’oeuvre du “produit”, l’art de la marchandise.
- formation du citoyen, autonome et responsable, héritier d’une histoire mais libre de ses choix artistiques et culturels, tolérant à l’innovation et à la différence.
- Il est enfin dans la recherche d’une cohésion sociale retissée par une pratique artistique collective et le partage des créations.
B/ Les grands objectifs des activités théâtre/éducation sont les suivants:
- la formation personnelle
- la connaissance de l’art théâtral et ses créations les plus contemporaines.
- l’ouverture à une pratique culturelle contemporaine, par la fréquentation des oeuvres et une approche des conditions (économiques, techniques, artistiques...) de leur production
- le renouvellement des formes de travail pédagogique et la dynamisation des structures et institutions culturelles et théâtrales.
C/ Quelques principes:
ont guidé notre action au cours de ces dernières années. Ils pourraient être ainsi formulés :
- le théâtre doit avoir sa place dans l’éducation
- la préoccupation éducative a (devrait avoir) sa place dans le “service public” du théâtre.
- une éducation théâtrale doit (devrait, pourrait) être menée à tous les âges (“de la maternelle à l’université”), selon des formes et des modalités adaptées et diversifiées.
- l’éducation théâtrale ne se limite pas au milieu scolaire. D’autres lieux peuvent y contribuer
- faire, voir et réfléchir sont trois aspects complémentaires indispensables de toute éducation théâtrale véritable
- une éducation théâtrale de qualité doit (devrait) être menée en relation avec la création vivante contemporaine
- le partenariat (les partenariats) entre artistes et enseignants est un élément majeur de cette relation
- les notions de “liberté” (d’initiative, d’engagement, de création, de prise de risque) et de “projet” sont essentielles à la qualité de l’éducation théâtrale. S’il convient de définir et d’évaluer les apprentissages acquis, toute “scolarisation” excessive est néfaste à l’éducation théâtrale elle-même
- l’éducation artistique est complémentaire du développement culturel. Une éducation théâtrale hors du développement de la vie théâtrale serait une illusion.
- toute éducation théâtrale de qualité passe par la qualification des formateurs (artistes et enseignants) et donc par leur propre formation initiale et continue.
D/ Les modalités de travail doivent prendre en compte les éléments suivants:
- tout enseignant devrait pouvoir agir (même modestement) dans le domaine de la sensibilisation théâtrale (y compris à l’intérieur de son enseignement)
- tout établissement culturel devrait agir dans le domaine de la sensibilisation théâtrale des jeunes spectateurs
- dans le cadre du partenariat, la diversité des formes est une nécessité (PAE, Classes culturelles, Ateliers, Jumelages, Options... et projets innovants)-
- les formes optionnelles, faisant appel au volontariat, sont à préserver. Elles ne sont pas les seules modalités d’approche possibles. Tout élargissement au plus grand nombre est à rechercher.
- l’approche théâtrale doit pouvoir être menée autant par des “pratiques” que par “l’école du spectateur”.
L’idéal est dans la complémentarité de ces deux éléments.
- Il est enfin indispensable que soient mis en place, au plus près des terrains, des espaces d’aide, de soutien, de reconnaissance et de concertation permettant de répondre aux initiatives et aux innovations dans le domaine théâtral.

2/ Questions en suspens
Compte tenu des objectifs et des principes cités ci-dessus, les principales questions en suspens sont à la fois générales et très précises:
- le principe du développement des relations théâtre/éducation est-il véritablement une preoccupation politique actuelle, notamment dans le cadre de la politique d’éducation artistique annoncée? Ou bien sommes-nous entrés dans une période de stagnation, voire de régression, de la volonté et des moyens ?
- la politique du “partenariat” a-t-elle atteint les limites d’un “vivier” d’enseignants et d’intervenants, ou bien est-il encore possible de la développer? Les structures théâtrales ont-elle la volonté, les moyens, de s’y engager plus fortement?
- qu’en est-il, dans ce cas, du “statut des artistes intervenants?
- au-delà de ce qui existe (pratiques de “référence!”), peut-on véritablement mettre en place de nouveaux dispositifs, qui permettraient à de nombreux jeunes une (ou trois ?) occasions de rencontre avec le théâtre au cours de leur scolarité ?
- comment faire pour éviter la scolarisation excessive et conserver l’esprit d’ouverture, de projet, d’action culturelle, notamment par le maintien du principe des Ateliers de pratique ou des projets “d’école du spectateur” ?
- comment faire pour multiplier la prise en compte de ce domaine par les collectivités territoriales (plans locaux, jumelages, sites...), sans verser dans la démagogie et l’affichage politique ?
- quelle politique nouvelle de formation devrait-on mettre en oeuvre pour concerner de nouvelles générations d’artistes et d’enseignants à ce travail ?
- et finalement, quelle peut-être la fonction de la vie associative dans ces différents domaines ?
Et le rôle de l’ANRAT ? (dans notre région le GRETE dont la présidente est par ailleurs au CA de l'Anrat).
Vers les secondes Assises Nationales Théâtre et Education
1/ Proposition générale
Nous proposons que l’année 1995 soit principalement consacrée à une vaste réflexion, à l’échelle du pays, sur la nature des relations théâtre et éducation, et sur le modalités d’un possible développement dans ce domaine.
Il s’agira d’aboutir, après une phase d’assises décentralisées, à une manifestation nationale importante permettant de mieux faire connaître l’existant, d’indiquer clairement les objectifs poursuivis et de présenter publiquement les propositions indispensables à ce développement: concernant les moyens, les dispositifs, les modalités pratiques, les formations, le statut des intervenants, les questions de création et de diffusion, etc.
Pour que ce processus soit utile et efficace, il importe que le maximum de partenaires y soit associé: enseignants et artistes, institutions culturelles, élus, médias, syndicats et associations, administrations, etc.


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